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Diglossie, langues officielles, suisseImaginez un peu un pays où l'on parle quatre langues dfférentes ? Bien sûr, on connaît le cas de la Belgique où se côtoient flamand et wallon, le Canada avec l'anglais et le français, et bien sur un territoire de 41 285 km carrès ce ne sont ni plus ni moins que quatre langues qui se disputent le statut de langues officielles (français pour la Suisse romande, l'allemand pour la Suisse alémanique, l'italien pour la Suisse italienne, et pour certains cantons le rhéto romanche). Et c'est sans compter les dialectes de Schwytzerdütsch ou Schweitzerdeutsch qui sont différents d'un canton alémanique à l'autre. Ainsi un Suisse allemand du canton d'Argovie me confiait ne pas comprendre le suisse allemand parlé à Berne, la capitale fédérale.

Vous me direz, mais comment font ils à se comprendre alors ? La Suisse alémanique vit une situation de diglossie, mais sans la notion d'infériorité d'une des deux langues parlées. Pour faire simple, sans mauvais jeux de mots, tout les petits suisses allemands apprennent le Hochdeutsch (ou allemand standard) à l'école, c'est également la langue utilisée dans l'administration (et croyez moi vous en recevez beaucoup des couriers de l'office cantonale de l'émigration et de la chancellerie de commune quand vous vous installez !) et les médias. Le hochdeutsch est donc la langue commune à tous les suisses allemands, et le suisse allemand (différent selon les cantons, vous me suivez toujours?) est la langue du quotidien, celle que l'on parle en famille, entre amis, à l'apéro, à la pause café...

Si vous vous expatriez en Suisse alémanique et que vous parlez allemand ne vous inquiétez pas vous vous en sortirez largement. Et si vous voulez apprendre le suisse allemand de votre canton ne vous attendez pas à trouver des cours à la Migros du coin (eh oui on trouve de tout à Migros, affaire à suivre...). Le suisse allemand ne s'écrit pas et n'a pas de règles grammaticales définies (même si il se calque généralement sur la grammaire de l'allemand standard). Demandez à plusieurs suisses allemands d'écrire le mot Grüzzi (Bonjour) et vous aurez autant de graphies différentes que de suisses allemands en train de se disputer !

Ensuite demandez à un suisse allemand de vous apprendre le Schweitzerdeutsch ou Switzerdeutsch il vous dira qu'il ne peut pas. Varum ? Parce qu'il n'y a pas de règles ! C'est une langue qui se parle, se vit et s'acquiert non pas par l'acquis mais par l'inédit tout simplement. Par contre n'hésitez pas à demander des mots de vocabulaire à vos amis et collègues, ils apprécieront grandement, et il n'y a pas mieux pour s'intégrer.

Cette situation de diglossie est particulièrement présente en Suisse alémanique, mais également en Suisse italienne. Pour ce qui est de la Suisse romande c'est un peu différent, on ne peut pas dire que chaque canton francophones possède son dialecte mais plutôt de petites différences de vocabulaire.

Face à tant de langues différentes dans un même pays on peut se demander de quelle manière se construit l'identé suisse. À suivre...

 

 

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