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  • Les éternels oubliés

    Je voudrais revenir sur l'article précédent et notament sur deux langues parmi les quatre officielles en Suisse qui sont très souvent oubliées. 

    Dans tous les documents de l'administration fédérale (de l'état) les informations sont notées dans les quatre langues comme vous pouvez le voir sur la photo de mon permis de séjour dans le post précédent. Donc jusque là tout le monde est logé à la même enseigne. 

    Mais dés que l'on sort des tout ce qui est officiel et fédéral, deux des quatre langues sont oubliées, l'une davantage que l'autre. La première fois que j'ai pris un train sur une grande ligne, j'ai été très surprise d'entendre les annonces en français, en Allemagne et en anglais mais PAS en italien ni en rhéto romanche !

    Autant l'italien (parlé dans le Tessin) est tout de même présent dans les courriers et sur les sites internet (généralement sur les sites .ch vous pouvez choisir entre l'allemand, le français et l'italien, tout comme vous pouvez choisir la langue de communication avec votre banque, votre assurance...), autant l'éternel oublié des quatre langues officielles est le rhéto romand parlé essentiellement dans le canton des Grisons (qui est trilingue, je vous ai perdu ou vous arrivez à suivre ?) par environ 60 500 locuteurs. Cet oubli constant étant sûrement dû à son faible nombre de locuteur et à son statut de langue "semi officielle": on retrouve le romanche sur les billets de banque, les permis de conduire, permis de séjour, carte d'identité... tout ce qui est officiel même s'il n'y a pas débat en romanche au parlement fédéral, mais si vous voulez voir ou entendre du rhéto romanche, il faut aller dans les Grisons où vous le verrez sur les panneaux de signalisation routière, mais sinon que nenni.

    Chose importante, le système scolaire suisse est organisé de telle sorte que les élèves entre la cinquième année de scolarité obligatoire et la dernière, doivent apprendre une autre langue nationale (sauf le romanche... mais c'est vrai que c'est assez compliqué comme ça), et l'anglais qui est également obligatoire !

    Et tout ça fonctionne très bien, donc quand vous ne parlez que peu allemand et demandez à votre interlocuteur si vous pouvez switchez en anglais ou en français, il vous répondra qu'il parle très mal mais attention ! Les suisses ne sont absolument pas prétentieux quant à leurs compétences linguistiques mais quand ils parlent une langue étrangère ils sont complètement bilingues contrairement à nous pauvres français... Une vrai nécessité si l'on est par exemple du Tessin et que l'on veut suivre des études supérieures, puisque les universités sont concentrées en Suisse romande ou alémanique. Il faut garder également à l'esprit que grandir dans une ambiance où vous switchez entre langue nationale à l'école et dialecte dans la cour de récré et à la maison, ça forme l'oreille et développe les compétences linguistiques !

  • Sprechen Sie ?

     

    Diglossie, langues officielles, suisseImaginez un peu un pays où l'on parle quatre langues dfférentes ? Bien sûr, on connaît le cas de la Belgique où se côtoient flamand et wallon, le Canada avec l'anglais et le français, et bien sur un territoire de 41 285 km carrès ce ne sont ni plus ni moins que quatre langues qui se disputent le statut de langues officielles (français pour la Suisse romande, l'allemand pour la Suisse alémanique, l'italien pour la Suisse italienne, et pour certains cantons le rhéto romanche). Et c'est sans compter les dialectes de Schwytzerdütsch ou Schweitzerdeutsch qui sont différents d'un canton alémanique à l'autre. Ainsi un Suisse allemand du canton d'Argovie me confiait ne pas comprendre le suisse allemand parlé à Berne, la capitale fédérale.

    Vous me direz, mais comment font ils à se comprendre alors ? La Suisse alémanique vit une situation de diglossie, mais sans la notion d'infériorité d'une des deux langues parlées. Pour faire simple, sans mauvais jeux de mots, tout les petits suisses allemands apprennent le Hochdeutsch (ou allemand standard) à l'école, c'est également la langue utilisée dans l'administration (et croyez moi vous en recevez beaucoup des couriers de l'office cantonale de l'émigration et de la chancellerie de commune quand vous vous installez !) et les médias. Le hochdeutsch est donc la langue commune à tous les suisses allemands, et le suisse allemand (différent selon les cantons, vous me suivez toujours?) est la langue du quotidien, celle que l'on parle en famille, entre amis, à l'apéro, à la pause café...

    Si vous vous expatriez en Suisse alémanique et que vous parlez allemand ne vous inquiétez pas vous vous en sortirez largement. Et si vous voulez apprendre le suisse allemand de votre canton ne vous attendez pas à trouver des cours à la Migros du coin (eh oui on trouve de tout à Migros, affaire à suivre...). Le suisse allemand ne s'écrit pas et n'a pas de règles grammaticales définies (même si il se calque généralement sur la grammaire de l'allemand standard). Demandez à plusieurs suisses allemands d'écrire le mot Grüzzi (Bonjour) et vous aurez autant de graphies différentes que de suisses allemands en train de se disputer !

    Ensuite demandez à un suisse allemand de vous apprendre le Schweitzerdeutsch ou Switzerdeutsch il vous dira qu'il ne peut pas. Varum ? Parce qu'il n'y a pas de règles ! C'est une langue qui se parle, se vit et s'acquiert non pas par l'acquis mais par l'inédit tout simplement. Par contre n'hésitez pas à demander des mots de vocabulaire à vos amis et collègues, ils apprécieront grandement, et il n'y a pas mieux pour s'intégrer.

    Cette situation de diglossie est particulièrement présente en Suisse alémanique, mais également en Suisse italienne. Pour ce qui est de la Suisse romande c'est un peu différent, on ne peut pas dire que chaque canton francophones possède son dialecte mais plutôt de petites différences de vocabulaire.

    Face à tant de langues différentes dans un même pays on peut se demander de quelle manière se construit l'identé suisse. À suivre...

     

     

  • Oeuf VS Oeuf ou le combat des titans

    Pâques approche à grand pas et imaginez quelle importance cette fête a au pays du chocolat ! L'industrie du chocolats en Suisse ne compte pas moins de 18 entreprises qui emploient 4400 personnes et qui a produit en quelques 183 738 tonnes de chocolat en 2014, ce qui a rapporté 1,72 milliards de francs suisses la même année. Alors imaginez un peu...

    Et qui plus est lorsque l'on réside dans un canton catholique, car on a tendance à oublier que Pâques est une fête religieuse, trop occupés que nous sommes à déguster lapins et cloches. En Suisse, ce sont les lapins qui amènent les délicieuses confiseriees dont le pays est expert en la matière, mais on consomme pendant le week end pasquale également beaucoup d'oeufs. De préférence le vendredi de Pâques qui est également férié. On cuit les œufs avant de les décorer de peinture de guerre car ce qui suit ensuite relève autant de la tradition que du jeu et du défi. Oeuf contre oeuf consiste à briser l'œuf de l'adversaire en les cognant pointe contre pointe (d'où l'expression liée au jeu "piquer les œufs") ou face contre face, le vainqueur gagne le droit de manger l'œuf de son adversaire. Quant au perdant il commence à se faire du souci, car selon la tradition perdre à oeuf contre oeuf est un mauvais présage pour l'année à venir.

    Ne soyez donc pas étonné de voir des Suisses casser leurs œufs durs les uns contre les autres.